Très chers amis,
Tout d’abord, j’espère que tout le monde se porte bien et que nos frères et sœurs qui étaient fatigués récupèrent au
plus vite toutes leurs capacités.
Pourim dernier avait été le début d’une toute nouvelle phase de notre existence, improbable ! Inimaginable !
Un virus inconnu rodait autour de nous en attaquant aveuglement des inconnus, des proches ou nous-mêmes.
Nous nous retrouvons comme un troupeau de moutons attaqués par une meute de loup, sans savoir où se produira la nouvelle attaque.
Pour moi comme pour d’autres frères et sœurs sujets à risques cela fait une année entière que je n’ai pas prié en communauté, avec minyan dans ma synagogue !!! Et ça me manque terriblement !!!
Dans mon fort intérieur, j’étais convaincu que la pandémie s’arrêterait à Pourim : Hélas ça n’est pas le cas.
Ce Pourim, un problème se pose pour la lecture de la Méguila.

  • Si le couvre-feu persiste à 18 heures, ou un autre confinement nous bloque, comment l’écouter ?
  • Et pour les sujets à risques qui évitent les endroits confinés, comment faire ?
  • Peut-on l’écouter par internet, ou à la radio pour être acquitté du commandement ???

J’ai essayé de compiler quelques réflexions que je vous soumets.
Comme chacun sait, le concept de danger mortel (« Pikouah Nefech ») permet de repousser la plupart des
commandements de la Torah. Il est donc évident que si un médecin ou les autorités sanitaires décident que quelqu’un
doit rester confiné pendant deux semaines, cette personne doit obtempérer et rester chez elle.

Il est préférable de lire la Méguila en public (Choulhan Aroukh, Orah Hayim 690, 18), mais on a aussi le droit de
la lire à la maison. C’est pourquoi, si quelqu’un possède une méguila cachère, il a tout-à-fait le droit de la lire à la
maison. (Il existe même des méguilots cachères avec les ponctuations).

D’une façon générale, il est préférable d’appliquer les décisions les plus souples plutôt que les plus rigoureuses,
suivant les célèbres enseignements rabbiniques : « [L’homme] vivra par eux (les commandements) – et il ne mourra pas
pour eux » (TB Yoma 75b), « La force qui autorise est préférable » (TB Berakhot 60a) etc.
Dans le cas bien spécifique de la lecture de la Méguila, les sages ont toujours été très souples. On peut lire la
Méguila debout ou assis (TB Méguila 21a), deux personnes peuvent lire la Méguila en parallèle (contrairement à la
lecture de la Torah), il est permis (en cas de force majeure) de lire dans une méguila incomplète (Choulhan Aroukh,
Orah Hayim 690, 3), et avec de longues interruptions dans la lecture. C’est pourquoi il est aussi possible de trouver une
solution plus souple dans le cas qui nous préoccupe.
Après l’invention du téléphone, de la radio et du microphone à partir de la fin du XIXème siècle, on a commencé à
questionner les décisionnaires sur la possibilité d’écouter la méguila par l’intermédiaire d’un téléphone, de la radio, d’un
microphone ou de la télévision.
Le point de litige serait que la voix sortant d’un appareil comme le microphone ou la radio par l’intermédiaire d’une
membrane est différente de la voix humaine naturelle d’origine, c’est la raison pour laquelle l’auditeur ne peut accomplir
ainsi le commandement.
Mais la plupart de nos penseurs font la distinction entre la sonnerie du chofar qu’il est interdit de diffuser par
microphone, et la lecture de la Méguila. Et cela parce que la Michna ( Roche Hachana 27b) enseigne que « si quelqu’un
sonne depuis l’intérieur d’un puit ou d’une cave… si on a entendu le son du chofar on s’est acquitté [du
commandement], mais si on a entendu le son de l’écho on ne s’est pas acquitté [du commandement] ».
La question, de nos jours, est donc : est-ce que le son sortant d’un microphone ou d’un appareil électronique peut être
assimilé au chofar même, ou à l’écho du chofar ?
Ces éléments de réflexions donnés, il n’est pas question que chacun d’entre nous statue pour sa part. C’est à
nos dirigeants communautaires (le Consistoire et les Rabanim) de nous indiquer le résultat de leurs décisions.
Avec l’aide d’Achem
Nous avons l’espoir que les médecins trouveront rapidement un remède contre cette maladie.

POURIM SAME’AH

Dr Alain BSIRI

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