Chers Amis, 

Un des Rav dont j’ai grand plaisir à suivre, ne cesse de répéter que si on ne trouve pas la correspondance entre notre vie actuelle et la portion de Torah qu’on lit, c’est que notre étude est incomplète. Nous arrivons à Hanoucca : les Grecs, les Cohanims, la Ménorah, la fiole d’huile, le ou les Miracles. Comment mon esprit embué et pollué peut-il trouver un rapprochement avec la situation que nous vivons ? Je parle de mon esprit car je ne veux pas vous faire un copié-collé d’une réflexion d’une autorité spirituelle. Personnellement, ma vie juive est profondément perturbée avec la situation sanitaire que nous vivons : J’ai très mal vécu le Pessah isolé seul avec mon épouse, le Roch Hachana confiné, le Yom Kippour loin de la chaleur de ma synagogue et le Souccot sans ma communauté. Personne ne me l’a interdit et c’est pire car c’est moi-même qui me le suis imposé. Etant sujet à risque et voyant les ravages de ce virus sur des personnes que j’aime profondément. Cette catastrophe ayant débuté à Pourim, je suis persuadé, avec l’aide de D.ieu, qu’elle s’achèvera avant le prochain Pourim. Et que tous nos frères et sœurs subissant encore les séquelles de cette attaque retrouveront la pleine santé au plus vite. Revenons à ce dernier Hanoucca covidien. En quoi, ce presque trépassé virus, va m’empêcher de vivre pleinement Hanoucca ? Puisque tout se passe au domicile, un minyane n’est pas requis, c’est par essence une célébration confinée ! Maïmonide écrit les lignes suivantes :

« A l’époque du Second Temple, le Royaume de Grèce (les Séleucides qui étaient Gréco-Syriens) régna sur le monde et imposa à Israël de nombreux décrets. Les Grecs ne laissaient plus les Juifs étudier la Torah et observer les mitsvots, ils firent main basse sur tous leurs biens et sur leurs filles, ils pénétrèrent dans le Sanctuaire, y semèrent la destruction et le souillèrent. (…) Jusqu’au jour où le D.ieu de nos pères les prit en pitié, les sauva de leurs mains et permit aux enfants de ‘Hachmonaï – les Grands Cohanims de l’époque – de délivrer le peuple d’Israël ».

Donc apparemment je pourrai célébrer Hanoucca totalement, sans que la situation actuelle ne me frustre. Alors, mon étude est incomplète puisque je n’arrive pas à trouver la correspondance entre Hanoucca et aujourd’hui ! Pourtant si j’allume ma Hanoukia à la bonne heure, au bon emplacement avec les bonnes bénédictions et les bons psaumes j’ai l’impression d’être au point. Ah !!! J’ai trouvé pourquoi Hanoucca 5781 sera, comme les fêtes précédentes, bridée et incomplète !!!

Une des Mitsva essentielle, à part d’allumer la Hanoukia et de diffuser le Miracle (pirsoumey nissa) !!!

Et comment le diffuser ? En plaçant la Hanoukia près d’une fenêtre pour être visible de l’extérieur. Le problème c’est que, en ces temps de confinement, il y a très peu de personnes qui marchent dans les rues, donc le lien entre Hanoucca et la situation actuelle est trouvé. Soyons convaincus que cette période n’est qu’une parenthèse qui nous fera apprécier encore plus toutes les joies de notre calendrier spirituel en pleine santé et en pleine reconnaissance envers notre Créateur qui veille sur nous. Que toutes nos petites lumières se réunissent pour repousser la pénombre qui nous entoure.

Ces quelques paroles écrites ont été conçues pour la bonne santé de tous nos frères et sœurs malades et convalescents et surtout afin que mon frère Gabriel Elgrishi retrouve au plus vite toute sa fougue et sa santé. AMEN.

Dr Alain BSIRI

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